Pourquoi le gazole coûte-t-il plus de 2 € alors que le Brent est loin de son record historique ?
Lorsqu'on compare les prix actuels du gazole avec ceux observés lors du pic pétrolier de 2008, un constat surprend de nombreux automobilistes : le baril de Brent avait alors dépassé les 140 dollars, tandis que le gazole coûtait souvent autour de 1 €/L.
Aujourd'hui, avec un Brent nettement inférieur, le gazole peut dépasser les 2 €/L. Cette situation soulève une question légitime : pourquoi le prix du carburant est-il aussi élevé alors que le pétrole est loin de son record historique ?
Le pétrole n'est qu'une partie du prix final
Beaucoup d'automobilistes pensent que le prix à la pompe dépend principalement du cours du pétrole. En réalité, le pétrole brut ne représente qu'une partie du coût d'un litre de gazole.
Le prix final comprend notamment :
- Le coût du pétrole brut ;
- Le raffinage ;
- Le transport ;
- Le stockage ;
- La distribution ;
- Les taxes.
Même si le Brent recule, les autres composantes du prix peuvent rester élevées.
Les taxes représentent une part importante du prix
En France, une grande partie du prix du carburant est constituée de taxes.
Le consommateur paie notamment :
- L'accise sur les carburants (anciennement TICPE) ;
- La TVA ;
- La TVA appliquée sur l'ensemble du prix, y compris certaines taxes.
Ces prélèvements ne diminuent pas automatiquement lorsque le pétrole baisse. Ainsi, même avec un Brent moins cher qu'en 2008, le prix payé en station peut rester élevé.
Le diesel n'est plus aussi avantageux qu'autrefois
Pendant de nombreuses années, le gazole a bénéficié d'une fiscalité plus favorable que l'essence.
Cette différence s'est progressivement réduite avec les politiques publiques visant à limiter les émissions polluantes associées aux véhicules diesel.
Résultat : le gazole supporte aujourd'hui une pression fiscale plus importante qu'il y a quinze ou vingt ans.
Les coûts de raffinage ont augmenté
Le carburant vendu en station n'est pas du pétrole brut.
Entre le puits de pétrole et le réservoir d'un véhicule, le pétrole doit être transporté, raffiné, stocké puis distribué.
Depuis plusieurs années, les coûts de raffinage connaissent des variations importantes en raison :
- Des investissements environnementaux ;
- Des fermetures de certaines raffineries ;
- Des tensions sur les marchés énergétiques ;
- Des coûts de production plus élevés.
Ces dépenses peuvent maintenir des prix élevés même lorsque le pétrole brut recule.
Le dollar joue un rôle essentiel
Le Brent est coté en dollars américains.
Pour les pays européens, le véritable coût du pétrole dépend donc à la fois du prix du baril et du taux de change euro/dollar.
Un Brent à 90 dollars avec un euro faible peut parfois coûter presque aussi cher qu'un Brent plus élevé avec un euro fort.
Comparer un pic exceptionnel à une situation durable
Le record d'environ 140 dollars atteint en 2008 correspondait à un pic historique relativement bref.
Les prix élevés observés aujourd'hui s'inscrivent dans un contexte plus durable marqué par :
- Une fiscalité plus importante ;
- Des coûts industriels accrus ;
- Une réglementation environnementale renforcée ;
- Des chaînes logistiques plus coûteuses.
Pourquoi les consommateurs ont-ils parfois l'impression d'être perdants ?
En observant les graphiques historiques du Brent et du gazole, de nombreux automobilistes constatent que le pétrole n'a pas doublé alors que le prix du carburant a fortement augmenté sur la même période.
Cette observation nourrit l'impression que les baisses du pétrole ne profitent pas autant aux consommateurs que les hausses leur sont répercutées.
Même si une partie de l'écart est expliquée par les taxes, le raffinage, la distribution et les coûts annexes, ce décalage reste l'un des sujets les plus débattus lorsqu'on analyse l'évolution des carburants sur le long terme.
À retenir
Le prix du gazole ne dépend pas uniquement du Brent. Les taxes, le raffinage, le transport, la distribution et le taux de change jouent également un rôle majeur.
C'est pourquoi un Brent autour de 90 dollars peut coexister avec un gazole dépassant les 2 €/L.